Il est démontré que de nombreux proches aidants vivent l’impact néfaste de l’isolement. Le manque de soutien, l’inégalité des rôles sont réels et la prise de responsabilité est parfois le lot d’une seule personne.

Les scénarios de la proche aidance sont nombreux. Il y a autant de portraits de proche aidance qu’il y a d’aidés et d’aidants. Lorsque vous vous retrouvez du jour au lendemain avec le mandat de vivre au quotidien avec votre proche, il est possible que les responsabilités se resserrent et qu’elles occupent la majeure partie de vos journées.

Si vous vivez sous le même toit que la personne à laquelle vous portez une assistance quotidienne il importe de ne pas négliger vos relations amicales et vos activités enrichissantes, lesquelles sont de puissantes sources d’énergie.

Dépendamment de l’état de santé mentale et physique de la personne aidée, il est possible que le va et vient dans la maison soit un irritant pour elle. Il est possible que la présence d’étrangers dans votre maison perturbe l’humeur d’une personne souffrant de troubles cognitifs sévères telle que la maladie d’Alzheimer ou les maladies apparentées.

Lorsque ces malaises s’installent il s’en suit parfois une diminution du nombre de visiteurs dans votre milieu de vie. Les amis se sentent moins à l’aise de débarquer pour prendre un café à l’improviste et la parenté prend soudain une distance.

Et de votre côté, vous avez tellement à faire que vous finissez par vous dire que c’est normal que les gens ne vous visitent plus aussi souvent. Vous avez peu de temps pour sortir et comme vous êtes l’aidant numéro un et que vous prenez votre rôle à cœur, vous laissez ces liens si précieux s’effilocher.

Un jour vous vous rendez compte que vous avez décliné le dernier souper avec les copines du bureau, que vous aviez beaucoup de plaisir à rencontrer pourtant. Vous notez que vous avez remis à plus tard le film que vous rêviez de voir au cinéma et qu’il n’est plus à l’affiche depuis longtemps.

Puis finalement tout ce que vous avez mis de coté à cause des restrictions dues à la pandémie s’ajoute à vos frustrations et à votre manque de liberté.

Il n’y a pas de mal à être l’aidant numéro un, ni la personne désignée en tout temps. Il n’y a pas de mal à être la première en tête de liste, toujours prête à passer à l’action. Mais il y a un problème lorsque nous oublions de nourrir des relations qui apportaient jadis beaucoup de joie dans notre vie.

Nous sommes des êtres de relations et ceci vaut en tout temps, même pour les proches aidants.

Dans le cadre du Programme Paix d’esprit Proche de Soi, nous nous penchons sur le volet « Proximité » ainsi que le volet « Partenaire » justement pour prendre conscience de l’impact positif des liens que nous entretenons afin de parfaire notre équilibre affectif et psychologique.

La solitude en soi peut parfois être positive – et à certains moments elle est saine – lorsque nous désirons nous ménager des plages de temps pour se reconnecter à soi.

Ce qui n’est pas bénéfique, c’est l’isolement imposé par une situation que nous n’avons pas totalement choisi. Alors soyez vigilant quant à l’isolement qui pourrait s’installer lentement si vous ne posez pas des actions concrètes pour y remédier.

Diane Noël 2021 ©